Signalement électronique, si nous parlions enfin technique ?

La présentation au IIème forum du Conseil du Drone Civil  des caractéristiques du futur système de signalement électronique a suscité de nombreuses interrogations dans la communauté. La question est désormais posée, s’agit il d’un système potentiellement dangereux pour nos aéromodèles ?

Francois Cahour, membre fondateur de Finesse Plus, animateur du site www.voltige-planeur-rc.net, par son immense expérience et ses innombrables articles, est une référence en matière de vol en montagne. En tant que professionnel de l’électronique, François dispose de la compétence technique pour analyser les caractéristiques du  projet de dispositif de signalement électronique et vous propose son analyse :

« La communication sur le signalement électronique publiée sur le site hélicomicro.com, mérite quelques éclaircissements :

Les arguments sont destinés à rassurer sur l’innocuité du « transpondeur » vis-à-vis de nos ensembles de radio commande. Le terme de transpondeur est certes inadapté, mais utilisé ici par simplification lexicale. Il s’agirait en fait d’une balise émettant toutes le 3 secondes un message d’identification et de positionnement du drone, sans possibilité d’interrogation à distance.

SPECTRE FC

L’image du spectre illustrant le propos est une image théorique et non pas une image réelle issue d’un analyseur de spectre. Pour la lire il faut voir en axe Y (vertical) l’expression de la puissance rayonnée. En X (horizontal) on voit la largeur de bande occupée par chacun des canaux (exprimée en fréquence sur un appareil de mesure). L’amplitude (énergie) du signal est exprimée en dBm, unité logarithmique, qui exprime un rapport de puissance. Ceci est nécessaire à cause précisément des ordres de grandeur physique qu’il ne serait pas possible de visualiser correctement sur une image ou un écran d’appareil de mesure.

Les systèmes Wi-Fi sont décrits de façon abordable ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wi-Fi#Les_diff%C3%A9rentes_normes_Wi-Fi

La liste des canaux Wi-Fi, est visible ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_canaux_Wi-Fi

C’est la même représentation théorique que précédemment, donc avec ses limites sur le plan pratique.

Le rôle de n’importe quel récepteur d’onde radio est de séparer le signal utile du bruit radiofréquence capté par l’antenne.  Différents dispositifs sont employés comme le partage des fréquences porteuses du signal (séparés par filtrages divers) les types de modulation (démodulateurs spécifiques) les formules de codage analogiques ou numérique (langages).

Tout ceci est naturellement mis en œuvre selon les normes parfaitement décrites et lisibles sur les documents spécialisés.

C’est aussi le cas pour nos systèmes de radiocommande. Mais il n’a pas été prévu de relation technique maitrisée entre les systèmes Wi-Fi utilisés partout dans le monde et nos systèmes de radiocommande utilisant la bande 2.4GHz. Même si la plupart des systèmes RC actuels utilisent certains des protocoles du Wi-Fi.

Les systèmes cohabitent et c’est tout. Les sauts de fréquence de nos systèmes RC et la faible puissance des système Wi-Fi perçus par nos récepteurs en usage courant suffit dans la plupart des cas à éviter un brouillage mutuel.

Ceci jusqu’à un certain point :

Pour avoir utilisé un système RC en 2.4GHz à proximité de fours industriels à micro-onde mal blindés (donc rayonnant du 2.4GHz) le récepteur fut brouillé et le modèle volant mis par terre.  Le binding avait pourtant été parfaitement réalisé sur place et le système contrôlé en vol ailleurs à plusieurs reprises sans problème malgré la transmission vidéo en 5.8GHz elle aussi parfaitement règlementaire.

Le modèle vole toujours et la radiocommande fonctionne parfaitement par ailleurs.

En cas d’émission de puissance conséquente (probablement de l’ordre de 10 à 20 dBm pour assurer une écoute à plus de 500m selon la qualité du récepteur de surveillance) à proximité immédiate du récepteur RC (quelques dizaines de cm tout au plus) le spectre HF vu par le récepteur RC pourrait conduire à un blocage ou à des sauts de fréquence continus compromettant la liaison RC et donc compromettant le contrôle du modèle.

Rappelons que la forme du spectre d’une onde modulée par un signal numérique est une forme en courbe de Gauss très large à sa base et ceci quel que soit le type de modulation. Ce dont ne rend pas compte l’image du spectre ci-dessus.

La puissance d’émission même intermittente du transpondeur, pourrait parfaitement bloquer le récepteur qui n’assurera plus sa fonction de commande du modèle. Le seul moyen d’éviter à coup sûr que les émissions du transpondeur n’interfèrent sur le récepteur, est de synchroniser les deux appareils. Chacun doit alors travailler alternativement. Le transpondeur devra n’émettre que quand le récepteur ne reçoit rien, donc quand il émet éventuellement lui-même des données de vol par exemple ou qu’il vérifie le codage issu de l’émetteur.

Il y a peut-être là des pistes de recherche d’application ?

Les systèmes de commande des drones évoqués peuvent différer sensiblement des systèmes RC déjà acquis par les pilotes d’aéromodèles. Peut-être nous faudra-t-il revenir au 41 ou au 72MHz avec leur modulation FM de position ?

L’argument qui indique que le transpondeur n’émettra que toutes les 3 secondes ou tous les 30m en cas de déplacement selon un protocole différent et sur une fréquence différente de celle de travail de la RC, n’est pas suffisant.

Selon les textes en projet : Wi-Fi 802.11N, informations transmises en clair :

  • « Le numéro d’identification du dispositif de signalement »
  • « La position géographique et l’altitude »
  • « La date et l’heure de la position »
  • « Les coordonnées de la position du point de décollage de l’appareil »
  • « La route et la vitesse de l’appareil »

Ceci suppose l’utilisation d’un GPS embarqué et d’un système de traitement de ces données avant leur transmission. Quel en sera le coût ?

Toutefois, si le 802.11N autorise la transmission sur le 2.4 GHz et le 5.8 GHZ, le 5.8 GHz est déjà écarté par manque de portée selon les termes de la conférence citée ici.

Il est précisé dans la communication citée en référence, que le message délivré toutes les 3 secondes, ne dure qu’une milliseconde, sur l’un des 10 canaux disponibles en dehors du canal RC choisi lors du binding (appairage Rx/Tx). Mais la puissance de l’émetteur utilisé doit être suffisante pour assurer une communication fiable avec le récepteur de surveillance. Dans l’état actuel de sensibilité des modules récepteurs, 20dBm (100mW) à l’émission sont nécessaires. Sans tenir compte des pertes liées aux rayonnements des antennes et à l’environnement magnétique.

L’absence d’émission rayonnée par l’antenne du transpondeur signifie-t-il que le transpondeur lui-même ne rayonne pas, ni par son boîtier ni par ses fils d’alimentation nécessairement communs avec celui du récepteur ? En l’absence de mesures sérieuses par du personnel compétent rien ne permet d’affirmer l’innocuité du dispositif et d’assurer une parfaite compatibilité entre les deux systèmes de communication situés à proximité immédiate l’un de l’autre. On reste là dans des hypothèses qui se veulent rassurantes…

Les vols simultanés de drones opérant en Wi-Fi n’est pas non plus suffisant. Les conditions physiques étant radicalement différentes au regard de la simple proximité. Les conditions d’atténuation des ondes radio en espace libre sont suffisamment connues pour justifier ces précautions.

Il serait paradoxal pour ne pas dire plus, qu’un système à la vocation principale de sécurité provoque lui-même des accidents qui peuvent se révéler gravissimes. Qui sera alors en mesure d’évaluer les responsabilités pour réparation des dommages ?

N’oublions pas par exemple que la transmission d’image vidéo depuis le modèle doit se faire sur une autre bande de fréquence que celle de la télécommande. 5.8GHz pour la vidéo et 2.4GHz pour la RC.

Pourtant les protocoles de communication sont fondamentalement différents.

Il faut savoir aussi que quel que soit le type de modulation de la porteuse ou de la sous-poreuse, les signaux à fronts raides comme les signaux numériques, élargissent le spectre de la porteuse de façon considérable. Ce qui peut annuler l’effet d’atténuation de séparation des canaux, définis eux-mêmes par la fréquence centrale de l’onde porteuse non modulée. Leur largeur finale étant tributaire du type de modulation.

Pour creuser encore un peu sur un exemple parmi d’autres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Modulation_d%27amplitude_en_quadrature

Merci de votre patiente lecture et de vos éventuelles remarques argumentées. »

 

François Cahour

https://voltige-planeur-rc.net

Europe, les textes sont publiés

blue-1283011_960_720Le journal officiel de l’Union Européenne a publié hier les trois textes fondamentaux pour l’aviation non habitée : les deux règlements délégués votés le 12 mars dernier et le règlement d’exécution du 24 mai 2019. La date de publication au 11 juin détermine les dates clés suivantes :

– Entrée en force au 1er Juillet 2019, (date à laquelle les Etats Membres devront commencer leur convergence législative.

–  Application dans toute l’Europe à partir du 1er Juillet 2020,

– Les exceptions pour les activités dans le cadre des clubs et associations finiront le 1er juillet 2022. (Ce point est extrêmement important pour les clubs et associations d’aéromodélisme. Celles-ci devront avoir convenu d’ici cette date une autorisation opérationnelle avec leur autorité aéronautique nationale. Finesse Plus a déjà engagé des discussions avec la DGAC sur ce point. Pas d’inquiétude car nous ne sommes qu’au tout début du processus. Nous vous tiendrons informés de ce sujet dans les mois qui viennent.)

Nous avons largement évoqué dans ces colonnes notre participation à l’élaboration de ce nouveau cadre réglementaire européen. Notre unique ligne de conduite a été la défense des intérêts des aéromodélistes français et européens. D’un projet initial qui remettait en cause la pratique dans toute l’Europe, nous avons réussi en particulier avec les représentants des fédérations suisses, allemandes et britanniques, à préserver et entériner pour les nouvelles générations l’aéromodélisme tel que nous le connaissons, l’aimons et le pratiquons.

Aéromodélistes étrangers, Finesse Plus informe

amb_07Dès le début de Finesse Plus en 2016, nous avons travaillé avec d’autres organisations aéromodélistes européennes. Suite à l’évolution de la réglementation intervenue dans l’hexagone et à la position des pouvoirs publics d’imposer à tous, y compris aux étrangers la formation et l’enregistrement des modèles, les autres organisations européennes nous ont interrogés sur ce qu’il se passait en France. En effet, notre pays, occupe une position stratégique en Europe, nombreux sont les aéromodélistes européens qui viennent profiter aux beaux jours des atouts de l’hexagone. Une évidence est trop souvent oubliée: notre activité contribue de manière significative à la richesse française. Par exemple, les revenus directs et indirects générés en matière de tourisme par l’aéromodélisme sont vitaux pour l’économie de nombre de territoires ruraux ou de montagne. Face aux interrogations de nos amis, il nous a apparu indispensable de les informer. Cela devenait urgent car à Finesse Pus nous avons déjà reçu des témoignages d’annulation de séjours aéromodélistes de la part d’étrangers.

Afin que nos amis pilotes continuent à visiter la France, nous avons conçu un article en anglais sur la réglementation française. Il contient toutes les informations pour la compréhension de notre environnement national afin d’éviter aux pilotes étrangers toute mauvaise surprise pendant leur séjour.

Ci joint le lien direct vers notre page dédiée : « Flying in France » :

https://finesseplus.org/flying-your-models-in-france-what-you-must-know/

Cette même page mais en Français pour les touristes francophones :

Faire voler vos modeles en France – What you must know

Nous pouvons fournir gratuitement aux clubs qui nous en ferons la demande, une affichette format A4 Flying your models in France (flyer)a sous la forme d’un autocollant et également une version A5 Flying your models in France (microflyer)a pour affichage sur les lieux de vol, documents qui reprennent les informations essentielles en langue anglaise.

Nous soutenons ainsi concrètement les clubs, leur activité et nos territoires. C’est notre intérêt à tous.

Adoption du règlement européen sur les drones

easa-tower-small-300Cet après-midi, en comité de l’Agence Européenne de Sécurité Aérienne EASA le règlement européen sur l’aviation non habitée a été adopté à l’unanimité. C’est une avancée majeure pour l’aéromodélisme au niveau européen. En effet, alors que notre activité était menacée par les premières versions du texte, nous avons obtenu par une action concertée à travers toute l’Europe la pérennisation de l’aéromodélisme. En particulier la Commission européenne reconnait la spécificité du planeur RC qui bénéficie de dispositions qui permettent la poursuite d’une pratique libre à travers l’Europe.

Didier Frutieaux, président de Finesse Plus, association de défense de l’aéromodélisme déclare : «Finesse Plus est la seule organisation aéromodéliste française qui a travaillé sans discontinuer sur ce dossier dès 2017. Nous avons donc été pleinement conscient des risques mais aussi des opportunités pour la continuité de l’aéromodélisme que cette nouvelle législation européenne représentait. Aujourd’hui nous sommes particulièrement fiers d’avoir contribué à ce résultat. Nous remercions chaleureusement nos partenaires européens, en particulier les fédérations suisse FSAM et allemande DMFV. »

Désormais, l’aéromodélisme a la place qu’il mérite au sein de l’aviation européenne. Nous allons maintenant œuvrer pour qu’au plan national cette législation soit mise en application dans le même esprit.

Consultation européenne, une mobilisation sans précédent

blue-1283011_960_720(English version below)

Alors que s’achève la consultation presque 300 contributions à la consultation de la Commission Européenne sur le futur règlement des aéronefs sans pilote ont été émises. Plus de 95% soutiennent les amendements proposés par Finesse +.

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Donnez votre avis sur le projet de règlement de l’Union Européenne relatif aux aéronefs non habités!

COMMISISON EUROPEENNEAttention consultation close le 5 novembre, c’est la dernière ligne droite avant l’application de ce règlement dans tous les États membres de l’UE…Il y a donc urgence à se mobiliser !

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Loi Drones, le début de la fin ?

P1000268Nous le disons depuis le début de cette affaire, la loi drone est une mauvaise loi, faite dans la précipitation et l’improvisation. Si l’Etat avait effectué une vraie concertation et consulté des aéromodélistes représentatifs de notre loisir, il aurait pu éviter les écueils réglementaires auquel il est confronté aujourd’hui.

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Signalement électronique : notre contribution

MarianneComme nous vous l’annoncions dans l’article publié le 5 avril, nous avons écouté et synthétisé vos remontées au sujet des futurs textes d’application sur le signalement électronique et lumineux.

Vous pouvez trouver notre contribution ici.

Notre réponse à la consultation sur l’arrêté signalement ici. *

Notre réponse au décret signalement ici. *

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