A l’Est du Rhin, du nouveau…

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DMFVLa DMFV, principale fédération allemande (*),  vient de publier sur son site un communiqué de presse présentant le nouveau module de compétences, qui va permettre aux pratiquants allemands d’aéromodélisme classique de pouvoir s’affranchir de la limite des 100 m d’altitude imposée par leur nouvelle législation.

En effet, à partir du 1er octobre, l’administration fédérale allemande en charge de l’aviation civile, demande aux aéromodélistes, reconnus comme utilisateurs de l’espace aérien à part entière, l’acquisition d’un module de connaissances sur la législation.

Ce module coûte 26.75€ TTC, il est valable 5 ans. En contrepartie il permet aux pilotes d’aéromodèles de s’affranchir de la limite des 100 m . En revanche celle-ci est maintenue pour les multicoptères, ceci hors des terrains déclarés.

Il ne s’agit pas d’un examen mais d’une attestation de connaissances pour les aéromodélistes. La passation des 27 items se fait en ligne, directement sur le site de la DMFV. Pour la DAEC, c’est légèrement different  puisque elle  propose son propre QCM de seulement  3 questions (!) que l’on renseigne apres lecture d’une vingtaine de pages.

 

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Un adhérent Finesse Plus qui évolue des 2 cotés de la frontière a obtenu son attestation de compétence DAEC le 11 septembre 2017. Cette seule attestation l’autorise à évoluer sur les terrains hors club Allemands au delà des 100msol  (pour les modèles réduits, pas les multirotors) et pas besoin de « transpondeur, gyrophare, limiteur d’altitude et autres sirènes » juste une étiquette DANS le modèle.

Dans ce dossier, avec des contraintes identiques à la France, la fédération DMFV a défendu les intérêts de ses pratiquants quand d’autres, jugeaient que « légiférer est un besoin incontournable ». On voit le résultat, cela aboutit à des transpondeurs, des gyrophares, et des klaxons sur nos Easy-Gliders pour voler dans le champ d’à-côté, tels que les projets de décrets et d’arrêtés l’annoncent. L’Allemagne n’impose qu’une étiquette a poser dans l’aéromodèle (dans le compartiment batterie) et l’obtention de ce module de compétences pour voler hors site déclaré, avec une hauteur supérieure à 100 m.

L’aéromodélisme libre de pleine nature, qui vient d’être ainsi reconnu en Allemagne est aujourd’hui gravement remis en cause en France.

Grisée par la simplicité d’une vision caporalisée de l’aéromodélisme, l’administration française reste à ce jour dans le déni de la réalité de la pratique. Finesse Plus a étudié et quantifié, cette pratique, notamment hors des sites déclarés. L’obligation d’emports de dispositifs technologiques, qui, pour l’aéromodélisme relèvent de la fiction, voire du grand n’importe quoi, va au contraire pousser des milliers de pratiquants dans un « no man’s land » réglementaire et par conséquence dans l’individualisme.

Les éloigner des structures aptes à les encadrer et les informer est contraire à l’objectif du législateur. C’est paradoxal, car dans la future réglementation européenne, les associations et les clubs sont reconnus comme éléments contributifs à la sécurité (NPA 2017-05 (a) 2.3.1.5 Model aircraft, page 9). L’Europe, en récupérant courant 2018 la compétence juridique des aéronefs sans personne à bord de moins de 150 kg va elle remettre les choses à plat ? Nous le saurons d’ici quelques semaines.

Toujours est il que l’Allemagne vient de donner le « La » en matière de législation pour l’aéromodélisme. En général, pour les affaires européennes, cela met tout le monde d’accord…

 

 

(*) Les aéromodélistes allemands comptent 2 fédérations : Le DAEC (Deutscher AEro Club), entité reconnue par la FAI comptant environ 16000 membres, et la DMFV, (Deutscher ModelFlieger Verband) avec plus de 90000 membres.

 

Lettre ouverte des rédacteurs en chef de la presse allemande

Les rédacteurs en chef de l’ensemble de la presse aéromodéliste allemande ont publié une lettre ouverte au ministre fédéral des transports. L’enjeu concerne la sauvegarde de l’activité en Allemagne où un projet de plafond à 100 mètres serait imposé à l’ensemble des activités aéromodélistes. Celui ci est naturellement refusé par l’ensemble de la communauté aéromodéliste d’outre Rhin, qui à cette occasion, malgré des différences historiques, sait faire preuve d’unité et de solidarité.

Voici la traduction de cette lettre :

Très cher Ministre Fédéral Alexander Dobrindt

Contribuez à la sauvegarde de l’aéromodélisme – dans notre intérêt ! Afin que l’Allemagne puisse encore assurer l’avenir de l’aviation. Afin que des ingénieurs en Allemagne puissent maintenir le progrès technique. Afin que des dizaines de milliers d’emplois soient préservés et que l’Allemagne puisse avoir un avenir aéronautique. Car aucun autre pays du monde possédant une industrie aéronautique est aussi étroitement liée à l’aéromodélisme. Renforcez ces structures uniques et élevées, dont nous profitons tous. L’aviation et l’aéromodélisme sont ancrés en Allemagne solidement et profondément dans la société. Le rêve de voler unit la jeunesse et les anciens. Dans les milliers d’emplois et écoles de pilotage, on trouve des pilotes de modèles réduits mais aussi des pilotes. Les ingénieurs et scientifiques ont une patrie commune. L’aéromodélisme est plus qu’une activité de loisirs. L’aéromodélisme est aussi une activité d’échanges d’idées libres, c’est une base pour la recherche et un champ d’expérimentations. Beaucoup de grandes idées qui mûrissent au petit matin sont mises au point via les modèles réduits. Dans ce climat unique, une culture industrielle productive qui n’a pas de pareilles bases de recherche dans le monde entier est née. Nous vous demandons d’assurer l’avenir de l’aéromodélisme avec votre décision dans tout notre intérêt. L’aéromodélisme en Allemagne est une tradition de plus de 100 ans. Une culture d’associations socialement porteuse a surgi. Soutenu par plus de cent mille bénévoles et actifs. Le travail exemplaire des jeunes crée un sens et renforce la cohésion communautaire dans notre pays. Dans les compétitions internationales, des sportifs aéromodélistes allemands sont au plus haut niveau depuis des décennies. Maintenez la cohésion sociale de l’aéromodélisme. L’aéromodélisme est un moteur et générateur d’emplois.  Des dizaines de milliers d’emplois sont créés directement dans l’industrie de l’aéromodélisme. Un standard de qualité technique élevé des produits et de sécurité ainsi que la conscience élevée des pilotes de modèles réduits garantit depuis des décennies une activité sûre et sans problème ni risque sur la base des règles en vigueur depuis des décennies. L’Allemagne est un modèle pour les autres pays. Les modifications et réglementations récentes maintenant prévues, en faveur du transport aérien sont devenues contraignantes pour l’aéromodélisme et une menace de destruction d’emplois. La nouvelle limite exigée maintenant à 100 mètres d’altitude de vol pour l’aéromodélisme est inapplicable et inacceptable. Dans l’intérêt de tous, acceptez l’accord négocié en novembre 2016 entre le Ministère fédéral des transports et des Infrastructures numériques. L’Allemagne a besoin d’une industrie aéronautique forte, l’Allemagne a besoin de l’aéromodélisme !

M. Le Ministre fédéral Alexander Dobrindt, laissez-nous la piste libre !

Philipp Gardemin Chefredakteur AUFWIND

Mario Bicher Chefredakteur MODELL AVIATOR

Dirk Klotter Redaktion MODELLFLUG INTERNATIONAL

Stephan Zu Hohenlohe Chefredakteur FLUGMODELL

Uwe Puchtinger Chefredakteur FMT – FLUG UND MODELLTECHNIK