Alpha Tango : Le décryptage

La DGAC a mis en place deux portails à destination des utilisateurs d’aéronefs sans personnes à bord suite à la mise en œuvre de la loi drone par l’Etat. L’utilisation de ces portails est gratuite.

FOX ALPHA TANGOLe premier s’appelle Fox-Alpha-Tango, il est destiné à la formation. A l’issue d’une session de vidéos de quelques dizaines de minutes, un examen en ligne de vingt questions peut être passé. Sa réussite permet d’obtenir une attestation de formation. La possession de l’attestation de formation sera obligatoire à partir du 26  décembre pour opérer les aéronefs non habités de plus de 800 grammes. Le challenge n’était pas simple pour la DGAC, comment concilier une formation dans laquelle les dronistes et les aéromodélistes puissent se reconnaître ? Finesse Plus est intervenue dès la mise en ligne des premières versions du portail afin que les questions soient mieux adaptées à la réalité de notre pratique. La DGAC nous a entendu et le contenu du site Fox Alpha Tango est désormais  plus acceptable pour les aéromodélistes.

ALPHATANGO_ENREGISTREMENTLe deuxième portail s’appelle Alpha Tango seulement. Il est destiné à l’enregistrement de nos aéronefs. Cette disposition découle directement de l’application de la loi drone. Désormais, nous devons enregistrer nos aéromodèles de plus de 800 grammes et l’attestation d’enregistrement sera également exigible au 26 décembre prochain. Rappelons le pourquoi de cette mesure, les autorités veulent pouvoir distinguer les aéronefs potentiellement dangereux de ceux qui ne le sont pas. C’est à ce titre que l’enregistrement demande la description succincte des équipements caractéristiques des aéronefs comme la présence d’une caméra et d’un pilote automatique. À la suite de l’action de Greenpeace contre la centrale de Bugey qui n’a pu être réalisée que grâce à ces deux dispositifs, pragmatiquement l’Etat a décidé  d’en faire la demande dans les fiches d’enregistrements. Le document sur la différenciation que nous avions formellement transmis à la DGAC, a donc considéré comme tout à fait pertinent.

Cette description des équipements est très simple à réaliser : elle ne requiert que trois clicks, soit quinze secondes le temps de lire trois questions. Au fil des réunions du Conseil des Drones Civils de la DGAC, où nous sommes la seule association aéromodéliste française à participer effectivement aux travaux, nous avions pressentis cette évolution. Face à la difficulté de description de l’objet drone, la présence ou pas de la caméra est un point essentiel.  La valeur ajoutée du secteur d’activité « drones » est définitivement dans l’information récoltée, le « data », au détriment du vecteur,   Il était donc logique que la partie réglementaire de la loi s’adapte à cette évolution.

Et l’aéromodélisme dans tout ça ?

Nous l’avons dit dans ces colonnes à maintes reprises, la loi drones est un mauvais texte, en particulier pour l’aéromodélisme. Pour preuve, il a mis deux années à rentrer en application et encore partiellement. La disposition « phare » de la loi : le signalement électronique et lumineux, (rappelez-vous, celui que le monde entier allait nous envier) ne peut rentrer en application en l’état. L’article du code des télécommunications, où il est apparu en 2016 devra être amendé, probablement dans la prochaine loi « mobilité », c’est-à-dire pas avant 2019.

Néanmoins nous considérons que la mise en application de la formation et de l’enregistrement sont désormais engageantes pour l’Etat. Nous disposons désormais d’attestation « officielles » dans la poche estampillées République Française et DGAC. Laissons de côté un instant le débat sur la pertinence des tests, des formations et autres. Force est de reconnaître que les aéromodélistes n’ont jamais eu une telle reconnaissance des pouvoirs publics. Nous avons désormais une réelle représentativité auprès des autorités. Cela laisse augurer des changements majeurs pour notre loisir dans le futur.

20 réflexions sur “Alpha Tango : Le décryptage

  1. Von der Ropp Serge 12 novembre 2018 / 9 h 20 min

    En effet, le gouvernement sera bien obligé de reconnaître juridiquement notre existence. Il vient de ce planter un clou dans la chaussure et ça lui fera le pied !

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  2. Duborjal 12 novembre 2018 / 9 h 43 min

    Bravo travail et communication seront les fruits de notre réussite.

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  3. Fred 12 novembre 2018 / 10 h 06 min

    L’enregistrement des modèles en France est loin d’être unique en Europe! Chez nous, ça fait deux ans.

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      • Fred 12 novembre 2018 / 22 h 42 min

        Exact, mais dans ce cas la, ne dites pas que la France est une exception!
        Il faut se soutenir!

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      • finesseplus 12 novembre 2018 / 23 h 03 min

        Merci de l’info. Corrigé.

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  4. Louis Kulicka 12 novembre 2018 / 10 h 11 min

    Et maintenant, la Ministre des transports Madame Borne ne pourra plus dire qu’elle ne sait pas comment distinguer drone et modèle réduit puisque les textes d’application de la loi le font….

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  5. MÉLON 13 novembre 2018 / 10 h 30 min

    La formation , pourquoi pas !
    L’enregistrement des modèles , non ,désolé .
    Un code par pilote , à mettre dans le modèle en vol , oui , mais c’est tout !!!

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    • Von der Ropp Serge 13 novembre 2018 / 13 h 09 min

      D’accord à condition qu’on immatricule aussi les vélos (très dangereux en ville) et les trains électriques miniatures qui pourraient faire exploser les compteurs linky ! Et dans l’avenir le PQ sera aussi immatriculé pour retrouver ceux qui bouchent et polluent les WC des immeubles et les égouts ! Pour rappel, les puces wifi et réseau ont toutes un N° MAC unique sur la planète pour être identifiée; Ils n’ont qu’à utiliser ce dispositif…

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      • michel 12 décembre 2018 / 11 h 23 min

        ne t inquiète pas c’est déjà dans les tuyaux pour les vélos et les trottinettes à moteur électrique et avec les caméra à reconnaissance faciale tu recevra bientôt tes PV si tu traverse en dehors des clous

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  6. Boitout Marc 13 novembre 2018 / 21 h 54 min

    Bonjour comment font ceux qui ne font partie d’aucun clubs et non affilié à la ffam. ….
    On les prives de modelisme, on les met en prison dès que l’on tombe dessus ?
    Cdlt Marc

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  7. Lph 16 novembre 2018 / 23 h 58 min

    En vol de pente, l’altitude de 150m est facilement dépassée quand le modèle s’eloigne
    Rien à ce sujet ?

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    • dbs911 8 janvier 2019 / 10 h 18 min

      aujourd’hui (et depuis les arrêtés 2015) hors terrain homologué c’est 150m/sol max
      demain ce devrait etre120m (Europe) + transpondeur (loi drone française)
      Les 120m on y coupera pas malgré ce que raconte une federation qui croit encore a une exception française dans le domaine de la sécurité aérienne européenne…
      le problème c’est la définition des 120m en vdp, est ce la hauteur du modèle para rapport au sol mesuré a sa verticale ou 120m/ au lieu de décollage… c’est très différent et F+ comme de nombreux modélistes ont exprimé leur désaccord lors de la consultation publique

      Pour le transpondeur franco français, a nous de défendre notre pratique …

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  8. Mélon 15 janvier 2019 / 14 h 32 min

    La  » cerise sur le gateau  » si je puis dire , c’est l’interdiction des moins de 14 ans de pratiquer seul ou en groupe ou d’apprendre à voler !!!
    A moins bien sur d’avoir avec eux un adulte avec le QCM valide .
    Dans n’importe quel sport , on n’incite les jeunes à commencer depuis le plus jeune age !
    Prenons l’exemple de jeunes cyclistes voulant s’entrainer ensemble pour la prochaine compétition ; que je sache , ils peuvent le faire sur la route dans des conditions normales de circulation !
    Dans l’aéromodélisme , c’est interdit !
    J’ai connus des jeunes très motivés qui arrivaient avant les  » moustachus  » à vélo avec la petite remorque avec tout le matériel nécessaire pour voler !
    Aujourd’hui , il se feront réprimander pour ne pas avoir attendu le  » MAITRE  » !
    Bravo , si ils ils partent sur une autre activité , il faudra pas etre surpris !!!

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    • dbs911 30 janvier 2019 / 14 h 04 min

      Effectivement c’est encore un frein au développement de ce loisir, et tout le monde le sait, le virus s’attrape entre 7 et 15 ans. Meme si ensuite les priorités de la vie mettent en suspens la pratique, un enfant mordu a l’adolescence reviendra tot ou tard vers ce loisir. En tant que président de club depuis des années, toutes mes observations vont dans le même sens, nous ne recrutons pas de vrais débutants de 40 ans dans ce loisir.
      Il faut etre lucide, l’aeromodelisme traditionnel va se réduire aux passionnés (qui vieillissent) mais n’attire plus la jeunesse SANS une action volontaire et urgente dans les écoles et collèges.. qui sont demandeuses ! Et aux organisations qui pensent que la compétition est un vecteur d’attirance pour la jeunesse et donc une solution pour enrayer la baisse des effectifs, je m’interroge sur leur lucidité..

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  9. jc fa 10 février 2019 / 15 h 01 min

    cette formation est vraiment etrange : les questions ne concernent pratiquement que les multirotors , on sent bien que tout ça a été fait pour eux alors pourquoi emm***der les planeuristes ?

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    • Serge vdr 11 février 2019 / 20 h 45 min

      Les technocrates n’ont jamais fait dans la dentelle ! Ils ratissent large sans s’occuper des jeunes pousses qu’ils détruisent. Tout cette énergie à créer, encore, une loi liberticide et ce que ça a coûter aux contribuables, n’empêchera en rien ceux dont la seule motivation est de nuire. En fait leur but est atteint; Pourrir nos vies sans être inquiété le moins du monde. Les hauts fonctionnaires dans leur grande ignorance ne font que les y aider. Triste civilisation sans la moindre philosophie, je parle de l’authentique, celle de Pythagore et de Socrate et de leurs pairs, pas celle des beaux parleurs narcissiques d’aujourd’hui. Je suis assez pessimiste pour l’avenir de nos sociétés si aucun sage n’émerge pour ouvrir les yeux et le cœur des « gouvernants » qui nous tirent vers des sommets technologiques et en même temps vers un sombre moyen âge de la pensée depuis la fin du 19e siècle… En attendant je continuerai de voler dans nos belles Alpes en compagnie des gypaètes barbues et de leurs consœurs-frères, mais ils risquent eux aussi d’être abattus car ces zone sont dorénavant interdites de survole, mais ils ne le savent pas… encore.

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  10. Denis E 4 mai 2019 / 18 h 21 min

    J’ai aussi relevé un autre problème posé par cette formation (ou alors je n’ai pas bien tout compris): le cas de l’assurance. Lorsqu’on répond aux questions, et notamment celle sur l’assurance, celle-ci ne serait obligatoire qu’à partir de 800g. Ce qui signifie implicitement qu’un modèle de 799g ne représente aucun danger pour celui qui se le prend dans la tête. Étonnant, non?

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    • dbs911 5 mai 2019 / 0 h 33 min

      la formation comme l’enregistrement ne sont imposés par la loi qu’au delà de 800gr. Mais comme toute activité, on est responsable de ses actes et on peut prendre une assurance pour nous aider a assumer les dommages éventuels.. Le contrat multirisque habitation couvre souvent l’aeromodelisme pour une pratique isolée. A vérifier auprès de votre assureur et mieux lui demander une attestation.

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