Le vol de pente pour les nuls

Les aéromodélistes pratiquant le vol de pente sont en ce moment dans la plus grande incertitude quant à la survie de leur loisir. Mais au fait, c’est quoi le vol de pente en planeur R.C.(radio-commandé) ?

 L’air et le relief.

 L’air se déplace toujours à cause de phénomènes thermiques.

– Le vent plus frais vient de la mer en journée car il remplace de l’air qui s’élève sur la terre, plus prompt à s’échauffer.

– En montagne, la brise qui remonte les pentes a son origine dans l’échauffement de l’air dans les vallées et les pentes exposées au soleil.

– Les grands flux d’air que sont les anticyclones et les dépressions génèrent des vents caractéristiques dans certaines régions, comme par exemple le Mistral ou la Tramontane.

Dans ses déplacements, l’air rencontre des reliefs. A ce moment-là, une partie de cet air s’échappe sur les côtés des reliefs et une autre partie passe par-dessus en remontant les pentes, comme par exemple sur les falaises exposées au vent océanique. C’est cet air montant qui nous intéressera.

369px-pente_thermique-svg« Il suffira » de placer un planeur dans cet air ascendant pour qu’il puisse tenir en l’air. Vu qu’un planeur en vol stabilisé descend toujours dans le volume d’air qu’il traverse, la vitesse verticale de l’air devra être supérieure à la vitesse de chute du planeur. Le vol pourrait ainsi durer plusieurs heures  au-dessus de la pente exposée au vent.

  On peut aussi pratiquer le vol de pente sans vent, en lançant le planeur « au trou » à la recherche des ascendances thermiques générées par le relief. C’est le Vol Thermique de Relief. Ce genre de vol, plus technique, demande de bonnes connaissances en aérologie.

 Le vol de pente est à l’origine de l’aviation habitée.

vol_08Les dunes au bord de l’océan ont permis les premiers vols des frères Wright, et Otto Lilienthal se lançaient d’une pente artificielle aux commandes de ses planeurs !

Comme paternité on ne peut avoir mieux.

L’aéromodélisme en vol de pente.

Cette discipline permet d’accumuler les heures de vol, de voler près de soi en profitant du spectacle de sa machine, et d’améliorer sa technique de pilotage.

L’envergure classique des planeurs utilisés se situe autour de deux mètres, mais certains planeurs dépassent les cinq mètres d’envergure.

Au début, les pilotes se limiteront à rester en vol le plus longtemps possible et à se poser en  sécurité avec des planeurs simples et légers.  On peut se tourner ensuite vers des disciplines plus complexes : la maquette, le planeur de vitesse ou de voltige, le vol thermique de relief.

Une maquette est la réduction à une échelle donnée d’un engin réel, alors qu’un modèle réduit est une sorte de prototype ressemblant ou non à un engin réel.

Certains effectueront des circuits de vitesse en aller-retours entre des bases constituées de plans virtuels, en enchaînant lignes droites et virages. Des concours régionaux, nationaux et mondiaux mettent en valeur cette spécialité.

D’autres chercheront à la fois l’agilité et la précision en développant des planeurs capables d’effectuer toutes sortes de figures de voltige, dont certaines sont inaccessibles aux grands planeurs et même aux avions de voltige réels ou modèles réduits.

Le perfectionnement des maquettes, des planeurs de vitesse ou de voltige fait l’objet de recherches passionnées depuis plus de 50 ans. Ces progrès en construction, en calculs, en analyse des performances tirent le modélisme et l’aéronautique vers le haut partout dans le monde. Le vol de pente favorise précisément ces recherches depuis le début même de l’aviation.

Où voler en pente ?

Les lieux où pratiquer le vol de pente sont extrêmement nombreux dans notre pays. Cela va de la simple pente herbeuse dans un pré, à une falaise du bord de la mer en passant par les prairies de montagne ou les escarpements rocheux des Alpes ou des Pyrénées.

Les lieux les plus connus et les plus accessibles sont habituellement gérés par des clubs, avec des règles simples applicables par tous pour la sécurité et la sérénité de l’activité.

Beaucoup de pilotes expérimentés préfèrent utiliser des lieux ouverts, non gérés par des clubs. En montagne, ils peuvent ainsi marcher pendant des heures pour pouvoir voler dans des paysages exceptionnels. C’est vrai en France, mais aussi en Suisse, en Italie, en Espagne, bref dans tous les lieux où l’on peut trouver des pentes non caillouteuses (car il faut bien finir par poser son planeur sans l’abîmer). L’Europe entière, avec la diversité de ses paysages, est un terrain de jeu des plus favorables.

Pour le pilote de vol de pente, le paysage devient un partenaire : selon le relief et son orientation, le comportement de l’air varie en fonction de l’heure, de la saison, de la végétation et de la nature du sol. Ceci conduit le pilote à mieux le comprendre pour mieux l’utiliser. Cette utilisation peut se faire à condition de respecter la liberté des autres utilisateurs et des usages locaux des paysans qui ont parfois façonné ces paysages.

Faut-il conclure ?

Le vol de pente est une activité de pleine nature au même titre que le ski, le parapente ou le surf en mer. C’est un sport de glisse qui permet de s’inscrire avec respect et élégance dans l’environnement. Cette activité permet à des milliers de pilotes et à leurs familles de se ressourcer intelligemment pendant leurs loisirs. Pour les stations de montagne, le vol de pente peut constituer une activité attractive au même titre que le VTT ou la randonnée.

Il représente en outre un secteur économique non négligeable, avec des artisans fabricants réputés à l’international et des commerçants extrêmement actifs.

La progression technique du pilotage et la conception de modèles par les pilotes les plus expérimentés n’a pas d’autre limite que l’imagination. Les heures de vol accumulées dans des sites souvent exceptionnels constitue une activité de loisir qui favorise le ressourcement, l’imagination et le contact avec les éléments naturels. Il serait inadmissible de priver de cette liberté les citoyens actifs et responsables qui pratiquent cette activité extraordinairement riche.

François Cahour, Guilhem Bougette 11/2016

Prise de position de la Fédération Suisse

peter-germannNous reproduisons ici, l’article publié dans Aéro Revue le magazine suisse de l’aéronautique n°11/2016 exprimant la position de la Fédération Suisse d’Aéromodélisme (FSAM) sur la future réglementation européenne par son président Peter Germann:

Aéromodélisme et drones : la différence

« L’agence Européenne de Sécurité Aérienne (EASA) a récemment publié ses « EASA Prototypes Rules for Unmanned Aircrafts » définissant les modèles réduits d’aéronefs en tous genres en tant qu’avions sans occupants (Unmanned Aircraft = UA) et proposant d’en soumettre l’activité en Europe aux règles prévues pour les drones (UA). Une différenciation  entre l’aéromodélisme classique et les drones (UA) n’est pas prévue. Cette réglementation, si elle venait à s’appliquer, aurait des conséquences directes sur l’aéromodélisme classique, et bien entendu des restrictions : seuls des aéronefs aux normes CE de « l’open catégory » pourraient voler sans propre analyse des risques. L’avion modèle réduit classique devrait, à défaut de conformité CE, être relégué dans la « spécific catégory » impliquant un Risk-Assessment pour chaque vol. Même d’infimes modifications, améliorations, transformations ou réparations sur un modèle exigeraient pour le moins une revalidation du type.

La Fédération Suisse d’Aéromodélisme (FSAM) et l’Aéroclub de Suisse  (AéCS) considèrent les restrictions de l’aéromodélisme proposées dans les « EASA Prototype Rules for Unmanned Aircraft » comme une menace existentielle pour l’aéromodélisme en Suisse. De même, qu’un club d’aéromodélisme doive désormais être « homologué » pour pratiquer l’aéromodélisme va trop loin, alors que les critères le justifiant sont trop indéterminés, voire inexistants.

Considérant les excellentes expériences cumulées depuis des décennies dans l’activité aéromodéliste selon les règles de l’OACS et vu enfin le bilan des dommages très positif des pilotes de modèles réduits, la FSAM et l’AéCS rejettent intégralement la règlementation prévue dans les « EASA Prototypes Rules for Unmanned Aircraft » et s’impliquent dans la continuation de l’application de l’OACS sous sa forme actuelle. De même, les deux associations interviendront auprès de l’Office Fédéral de l’Aviation Civile (OFAC) compétente en la matière pour empêcher auprès de l’EASA l’intégration de l’aéromodélisme dans les règles applicables aux aéronefs sans occupants. »

Peter Germann

Président de la Fédération Suisse d’Aéromodélisme (FSAM)

Aerobuzz et la loi Drones

cropped-logo_plat-1Le site d’information « Aerobuzz.fr » qui fait référence dans le milieu aéronautique vient de publier un article de Louis Kulicka, qui est également membre fondateur de Finesse Plus.

Spécialiste du vol silencieux, Louis a d’abord été pilote de planeur grandeur, et instructeur. Aujourd’hui il conçoit et réalise ses planeurs modèles réduits selon des techniques de pointe : DAO et maîtrise des matériaux composites.

Louis est un chroniqueur reconnu qui écrit pour la presse aéronautique et modéliste française et allemande.

Finesse Plus, une nouvelle vision pour l’Aéromodélisme,

enqueteCes dernières semaines ont bouleversé le monde de l’aéromodélisme : une loi remettant en cause notre activité a été votée au parlement.  L’activité aéromodéliste s’en trouve ainsi fragilisée. Nous créons l’association Finesse Plus afin de prendre sa défense, mais aussi pour réfléchir à l’avenir de l’aéromodélisme dans notre pays.

C’est pourquoi, il nous parait nécessaire de prendre le pouls de notre passion commune.

Nous lançons donc pour la première fois en France une grande enquête sur la pratique de l’aéromodélisme.

L’avantage est de mettre en lumière nos pratiques au quotidien, nos modes de fonctionnement. Orientée principalement sur les lieux de pratique, cette première consultation a pour but de mieux nous connaitre afin de pouvoir mieux nous représenter auprès des autorités, législateurs et autres décideurs.

Ainsi, nous allons reprendre en main notre destin, celui d’une passion de 60 ans qui nous unis au-delà de toutes nos différences.

Nous vous invitons donc à participer largement  à cette enquête et à soutenir notre action en adhérant à Finesse Plus, association de défense du planeur RC et de l’aéromodélisme, de plaine, du littoral et de montagne.

Le Bureau de l’Association Finesse Plus