Loi Drones : Notes techniques

logo-finesseplus-transparentFinesse Plus, dans son objet se définit comme un groupe de réflexion sur l’avenir de l’aéromodélisme. Nous proposons des articles d’actualités pour alimenter les réflexions de chacun et en parallèle, nous effectuons un travail de fond sur des sujets plus complexes dont l’enjeu est crucial pour l’avenir de notre pratique.

Suite à notre réunion avec la DGAC, nous avons travaillé sur les articles de la loi « Drones » et leur impact sur notre pratique de l’aéromodélisme. Pour chaque article de la nouvelle loi, nous faisons le constat et l’analyse de la mesure, examinons les conséquences pour notre pratique et faisons des propositions.

Contrairement à d’autres, nous faisons le choix de travailler dans la transparence et de rendre publiques nos recommandations.

Retrouvez les notes techniques de la loi « Drones » sur leur page dédiée.

Lettre ouverte des rédacteurs en chef de la presse allemande

Les rédacteurs en chef de l’ensemble de la presse aéromodéliste allemande ont publié une lettre ouverte au ministre fédéral des transports. L’enjeu concerne la sauvegarde de l’activité en Allemagne où un projet de plafond à 100 mètres serait imposé à l’ensemble des activités aéromodélistes. Celui ci est naturellement refusé par l’ensemble de la communauté aéromodéliste d’outre Rhin, qui à cette occasion, malgré des différences historiques, sait faire preuve d’unité et de solidarité.

Voici la traduction de cette lettre :

Très cher Ministre Fédéral Alexander Dobrindt

Contribuez à la sauvegarde de l’aéromodélisme – dans notre intérêt ! Afin que l’Allemagne puisse encore assurer l’avenir de l’aviation. Afin que des ingénieurs en Allemagne puissent maintenir le progrès technique. Afin que des dizaines de milliers d’emplois soient préservés et que l’Allemagne puisse avoir un avenir aéronautique. Car aucun autre pays du monde possédant une industrie aéronautique est aussi étroitement liée à l’aéromodélisme. Renforcez ces structures uniques et élevées, dont nous profitons tous. L’aviation et l’aéromodélisme sont ancrés en Allemagne solidement et profondément dans la société. Le rêve de voler unit la jeunesse et les anciens. Dans les milliers d’emplois et écoles de pilotage, on trouve des pilotes de modèles réduits mais aussi des pilotes. Les ingénieurs et scientifiques ont une patrie commune. L’aéromodélisme est plus qu’une activité de loisirs. L’aéromodélisme est aussi une activité d’échanges d’idées libres, c’est une base pour la recherche et un champ d’expérimentations. Beaucoup de grandes idées qui mûrissent au petit matin sont mises au point via les modèles réduits. Dans ce climat unique, une culture industrielle productive qui n’a pas de pareilles bases de recherche dans le monde entier est née. Nous vous demandons d’assurer l’avenir de l’aéromodélisme avec votre décision dans tout notre intérêt. L’aéromodélisme en Allemagne est une tradition de plus de 100 ans. Une culture d’associations socialement porteuse a surgi. Soutenu par plus de cent mille bénévoles et actifs. Le travail exemplaire des jeunes crée un sens et renforce la cohésion communautaire dans notre pays. Dans les compétitions internationales, des sportifs aéromodélistes allemands sont au plus haut niveau depuis des décennies. Maintenez la cohésion sociale de l’aéromodélisme. L’aéromodélisme est un moteur et générateur d’emplois.  Des dizaines de milliers d’emplois sont créés directement dans l’industrie de l’aéromodélisme. Un standard de qualité technique élevé des produits et de sécurité ainsi que la conscience élevée des pilotes de modèles réduits garantit depuis des décennies une activité sûre et sans problème ni risque sur la base des règles en vigueur depuis des décennies. L’Allemagne est un modèle pour les autres pays. Les modifications et réglementations récentes maintenant prévues, en faveur du transport aérien sont devenues contraignantes pour l’aéromodélisme et une menace de destruction d’emplois. La nouvelle limite exigée maintenant à 100 mètres d’altitude de vol pour l’aéromodélisme est inapplicable et inacceptable. Dans l’intérêt de tous, acceptez l’accord négocié en novembre 2016 entre le Ministère fédéral des transports et des Infrastructures numériques. L’Allemagne a besoin d’une industrie aéronautique forte, l’Allemagne a besoin de l’aéromodélisme !

M. Le Ministre fédéral Alexander Dobrindt, laissez-nous la piste libre !

Philipp Gardemin Chefredakteur AUFWIND

Mario Bicher Chefredakteur MODELL AVIATOR

Dirk Klotter Redaktion MODELLFLUG INTERNATIONAL

Stephan Zu Hohenlohe Chefredakteur FLUGMODELL

Uwe Puchtinger Chefredakteur FMT – FLUG UND MODELLTECHNIK

Finesse Plus dans la Presse

logo-dauphineAprès La Provence et le Bien Public, c’est au tour du Dauphiné Libéré de relater les inquiétudes de Finesse Plus sur les conséquences de l’application de la loi Drone. Dans cet article, Michel Clavier, membre fondateur de Finesse Plus et Directeur de MCM Modélisme, met en avant l’impact de cette loi au niveau de la filière industrielle aéromodéliste française ainsi que le rôle important de l’aéromodélisme de pleine nature dans l’économie estivale des régions de montagne. Alors que la France a connu en 2016 une baisse historique de sa fréquentation touristique, cette loi amène des dispositions contraignantes sans équivalent dans les autres pays européens qui vont faire perdre en attractivité nos belles pentes françaises. Ceci est extrêmement préoccupant, car si certains minimisent à dessein le rôle économique de l’aéromodélisme, la contribution du tourisme à l’économie française est incontestable.

Retrouvez l’article du Dauphiné Libéré.

Traduction d’une lettre ouverte d’un modéliste allemand à ses collègues…

franck-masselaertNous reproduisons ici un post de Franck Masselaert publié sur Facebook. Celui ci nous a paru intéressant car il lance le débat sur l’orientation actuelle de notre hobby. Il met l’accent sur les rôles et les responsabilités de chacun dans le contexte mondialisé du commerce d’aujourd’hui. Il en rappelle les enjeux qui sont aussi des sujets de société. Franck est professionnel de l’aéromodélisme et auteur du livre « 2019, la révolution des drones »

Le modélisme : une activité en péril …

Les commerçants en modélisme, ces professionnels qui forment et aident leurs clients à notre loisir technique, souffrent actuellement de l’instabilité des prix d’achat et des prix de vente incontrôlés et juridiquement incontrôlables. Nombre d’entre eux ont mis la clé sous la porte en 2016, et l’hécatombe continue en ce début d’année.
Alors, que va-t-il se passer si, comme Horizon, les distributeurs – entendez les grossistes – se mettent à vendre dans un avenir proche, directement au client final, sans intermédiaire ? Les produits Horizon étaient déjà vendus sur le marché avec une marge de plus en plus dérisoire pour les revendeurs qui pour la plupart se résignaient à les distribuer du fait de la demande provoquée par un énorme battage médiatique -on avait jamais vu cela dans la profession- C’est la méthode à l’américaine : on met beaucoup d’argent sur le tapis pour s’accaparer un marché en utilisant des éléments performants – dans notre cas les magasins allemands et européens – puis, une fois la clientèle captée, on les laisse tomber, sans état d’âme, pour s’accaparer leur marge et faire plus de profit. De nombreux magasins vont désormais boycotter cette marque est c’est tant mieux car si on laissait faire, les conséquences pourraient être que les vrais fabricants qui soutiennent les commerces spécialisés en continuant la distribution traditionnelle par leur intermédiaire soient eux-mêmes mis en faillite du fait de cette concurrence stupide, égoïste et déloyale, motivée par le seul appât du gain.
Tous les fabricants doivent-ils également vendre au client final ? Mais alors qui fournira les conseils si l’on fait disparaitre le tissu des revendeurs spécialisés ? D’ailleurs, qui fera encore du modélisme quand il n’y aura plus aucune vitrine ! Les plus belles images du NET ne remplaceront jamais l’attractivité d’un matériel que l’on peut toucher chez un revendeur.
Cette méthode détestable issue d’un capitalisme décomplexé va non seulement faire mourir les magasins spécialisés, mais aussi les fabricants, petits et grands, qui ne pourront plus distribuer leurs produits dans leur circuit habituel du fait d’un différentiel de prix trop important.

Mon avis est que si notre façon d’acheter n’évolue pas, si nous continuons à déserter le peu de magasins qu’il reste, c’est tout notre loisir qui va disparaitre.

La pratique actuelle est incontestablement d’acheter des produits à faible coût, hors Europe, sur les sites chinois pour la grande majorité. Tous ces produits sont très vite consommés et l’on passe à autre chose. On a du matériel à ne plus savoir qu’en faire, et qu’importe la qualité, qu’importe que les modèles ne soient pas suivis, qu’il n’y ait pas de pièces détachées, qu’il n’y ait pas de notice en allemand, que les étiquettes CE soient falsifiées : ce n’est pas cher et c’est la seule chose qui compte.
Pourtant, au final, nous payons bien ces articles au prix fort, mais nos œillères nous empêchent de voir que ce que nous ne payons pas dans ces importations à bas prix, nous le payons sous forme de cotisations chômage à ceux que nous jetons en marge de la société, ceux-là même qui nous avaient apporté le plaisir lié à notre formidable activité de loisir. Non messieurs, ne croyez pas que nos commerçants sont des voleurs : vous n’accepteriez pas d’avoir des salaires aussi bas !
Les produits purement chinois ne durent même pas le temps d’une saison car ils sont vite remplacés par de nouveaux produits avec une apparence modifiée, tout en ayant la même conception technique copiée sur des modèles développés chez nous. Ils arrivent ici sans frais de douane, sans TVA et sans frais de port car c’est la Chine qui, pour favoriser le dumping commercial, sponsorise le transport vers notre pays.

Pour permettre à une poignée de grands industriels d’exporter leurs production vers la Chine, nos politiciens, en contrepartie, nous laissent littéralement envahir par les produits de gens sans scrupules qui, quand nos magasins et distributeurs auront disparu, se tourneront vers d’autres spécialités car ils n’auront plus rien à copier. A ce moment, il sera trop tard : notre savoir faire dans ce domaine aura disparu.

Bien sûr et depuis longtemps la production est faite dans les pays asiatiques. Les charges devenues insupportables en Europe ont contraint nos fabricants, sous peine de disparaitre en n’étant plus concurrentiel, à se tourner à contrecœur vers cette mauvaise solution. Cependant, il y avait un ordre des choses établi et respecté : un concepteur, un fabricant, un distributeur et un magasin. Mais la mondialisation et les accords internationaux de libre-échange sont passés par là, ouvrant nos frontières à tout et n’importe quoi, mettant chaque année un peu plus de sable dans cette mécanique bien huilée qui satisfaisait pourtant tout le monde. L’Europe, elle aussi, au lieu de nous protéger et de nous rendre plus forts, nous a imposé toujours plus de normes qui nous coûtent une fortune pour chacun des produits mis sur le marché. Cela peut paraitre une bonne chose, sauf que ces normes ne sont aucunement respectées par nos concurrents hors CE, d’où une concurrence d’autant plus déloyale. Faute de contrôles à nos frontières, nous sommes impuissants face aux importations sauvages de produits parfois dangereux.

Nos fabricants, qu’ils soient de petits artisans ou des PME dotées de bureaux R &D, ont toujours été jusqu’ici à l’écoute du terrain, grâce au réseau de revendeurs. Nous avons toujours connu des évolutions positives grâce à eux et ces évolutions n’ont été possibles que grâce aux remontées d’informations de nos terrains de modélisme.
Cette situation gagnant-gagnant ne peut passer que par une concertation entre le client et le fournisseur d’innovation. Les fabricants ne peuvent pas fournir les services qu’attendent les consommateurs et répondre à leurs exigences s’ils n’ont plus de lien et d’échanges avec le terrain, par l’intermédiaire des magasins spécialisés.
Même les vidéos sur Internet, que j’aime créer, ne peuvent pas remplacer les conseils d’experts individuels. Sans revendeur spécialisé, le système de développement, de la production à la vente, se décompose et disparait.

Il y a une situation gagnant-perdant qui s’accroit depuis des années ! Notre argent va de plus en plus à ceux qui copient nos produits, nos innovations, et non plus à ceux qui les ont créés.

Nous devons pointer du doigt ce danger qui menace non seulement les commerces de modélisme, mais aussi tous les autres petits commerces de nos villes et en fin de compte notre société. Nous creusons la tombe de nos fabricants, de nos revendeurs spécialisés, et bien sûr la nôtre. En laissant notre budget à l’écart des forces d’innovation allemandes. Nous donnons alors l’argent aux mauvaises personnes, à savoir ces producteurs sans foi ni loi qui engrangent les récoltes qui devraient être les nôtres, sans avoir investi un seul euro dans le développement.
Mais attention : encore une fois, si nos fabricants doivent disparaître en raison de notre comportement d’achat, les copieurs et les « réplicateurs », privés de leur source d’inspiration, se tourneront sans état d’âme vers d’autres domaines, comme par exemple Hangar 9, qui travaille désormais pour l’industrie automobile. Alors le modélisme aura complètement disparu. Déjà Hobbico, le N°1 Mondial, JR, Kyosho et Futaba sont en grande difficulté ; chez nous Robbe a déjà disparu ; à qui le tour ?

Aujourd’hui, après que la majeure partie des consommateurs de masse se soit détachées des distributeurs classiques, il reste les véritables modélistes attachés aux beaux modèles, ceux qui savent reconnaître la qualité et aussi l’acheter. Je les vois comme une communauté qui prend la juste mesure de ses actes concernant nos comportements d’achats pour notre passe-temps et qui accorde plus d’attention à notre véritable intérêt économique. C’est principalement à eux que je m’adresse en leur demandant de tenir compte de ces quelques lignes…
Jusqu’ici considéré comme sérieux et formateur, notre loisir est maintenant montré du doigt comme une activité dangereuse pratiquée par des irresponsables, et de nouveaux textes de lois risquent de nous empêcher de voler avec des machines de plus de 800 grammes. Travaillons ensemble pour bannir de nos terrains ces matériels falsifiés et souvent dangereux. N’acceptons plus ces consommateurs inconscients qui viennent encombrer nos pistes avec du « prêt à crasher » qu’ils ont acheté comme ils auraient acheté une canne à pêche ou une guitare. Refusons l’accès de nos aérodromes à ces modélistes d’un jour.
Les modèles réduits ne sont pas des jouets. il est temps de remettre les pendules à l’heure et de rendre à César ce qui est à César.

Il est grand temps que le sujet soit ouvert !

Ne pas confondre drone et modèle réduit 

planeur-modele-reduit-560x322Notre secrétaire, Louis Kulicka a publié un nouvel article sur Aérobuzz. Louis qui est aussi pilote et instructeur de vol à voile explique les différences entre piloter en grandeur et en modèle réduit. Dans le cadre de la loi « Drones » qui s’applique à tous les aéronefs sans personnes à bord, il lance aussi le débat sur la limitation de performances voulue par la loi.

En effet, Louis soutient que les modèles réduits, pilotés exclusivement à vue, sont par nature limités intrinsèquement en terme de performances. Nous pensons qu’à l’heure actuelle, cette piste n’a pas été explorée par le législateur.

Qu’en pensez vous ? N’hésitez pas à donner votre avis en laissant un commentaire.

Finesse Plus dans la Presse

le-bp-logoNotre collègue Philippe a répondu à une demande d’interview  du Journal « Le Bien Public» dans le cadre d’un article sur la loi « Drones ». Ce grand quotidien régional de Bourgogne a en effet publié hier un excellent article montrant les implications de la loi « Drones » et le ressenti des aéromodélistes qui se sentent désormais marginalisés depuis sa promulgation. Cet article présente aussi Finesse Plus auprès du grand public et met aussi l’accent sur la dimension nationale de l’association.

Découvrez cet article du Bien Public.

Le réseau très basse altitude

meeting aerien de Vannes
 @MAXPPP

En complément de notre article sur la carte « Géoportail« , nous allons également vous parler des cartes AZBA. Que signifie cet acronyme ? Il s’agit des Activités Zones Basse Altitude. Le réseau des zones basses altitudes de l’Armée de l’Air représente un réel danger pour l’aéromodélisme. La pratique de l’aéromodélisme dans ces zones est donc totalement incompatible avec la sécurité. Il y a donc un réel danger car les équipages militaires effectuent des vols à très haute vitesse et n’assurent pas la sécurité anti-collision.

Comment savoir si vous êtes concernés ?

Il existe une carte publiée des zones concernées : La dernière modification est récente, elle date de novembre 2016.

Ensuite il convient de vérifier si le segment où vous vous trouvez est actif. Les horaires et les zones d’activation sont actualisés tous les jours. Attention, les horaires sont indiqués en heure universelle (UTC), pour la convertir en heure locale, il convient de rajouter +1H en hiver, +2H en été.

La non activation de la zone ne dispense pas d’assurer la sécurité car l’itinéraire peut être emprunté par d’autres aéronefs militaires, on se trouve alors dans le cadre d’un espace aérien classique (classe G), où la hauteur est limitée à 150 m et où s’applique la règle « Voir et Eviter ».

A la découverte du F3F …

f3f_06-1Derrière l’acronyme « F3F » se cache une discipline à la fois simple et passionnante, considérée comme la formule 1 du vol de pente, tout d’abord parce que c’est la seule discipline de vol de pente reconnue par la Fédération Aérienne Internationale (FAI) et ensuite car il s’agit d’une pure preuve de vitesse.  Je vous propose aujourd’hui de découvrir cette catégorie alliant technicité avec nature et beau paysages !

Une règle du jeu des plus simples …

f3f_08Tout d’abord, il s’agit de vol de pente, c’est- à-dire que le planeur RC utilise la portance dynamique créée par le vent rencontrant un relief. Le jeu consiste à être chronométré sur une distance de 1 000 m entre 2 plans (bases) espacés de 100 mètres (soit 5 allers retours et 9 virages) après une prise d’altitude de 30 secondes maximum. Les pilotes volent les uns après les autres, évitant ainsi tout risque de collision. Le concurrent est placé au centre de deux “bases” espacées de 100 m et n’a le droit à aucune aide à part pour le lancer du planeur. Un juge à chaque base donne un “beep” au passage du planeur indiquant qu’il a franchi cette base. Ce “beep” est relié à un chrono qui, en plus de gérer le temps maximum de prise d’altitude, décompte le nombre d’aller-retour et s’arrête automatiquement à la fin du “run”. Le passage de tous les pilotes constitue une “manche”. Le meilleur chrono obtient 1000 points et une règle de trois donne les points des autres concurrents. On enchaîne ensuite autant de manches que les conditions météo le permettent. La somme des points des manches de chaque pilote permet d’établir un classement général. Les planeurs utilisés en compétition sont de véritables Formules 1 des airs, affûtés pour générer le moins de traînée possible, construits entièrement en matériaux composites et faisant massivement appel au carbone pour plus de rigidité. Le poids à vide de ces machines tourne autour de 2 à 2,4 kg, mais il est possible de doubler la masse du planeur en rajoutant du ballast (laiton, ou plomb, voir tungstène) afin d’augmenter la charge alaire jusqu’à la limite autorisée de 75 g/dm2, et voler encore plus vite quand le vent souffle très fort. L’atterrissage ne fait pas partie de l’épreuve proprement dite, mais reste souvent un moment délicat quand le planeur est chargé au maximum.

Un peu d’histoire.

f3f_11Le F3F est une discipline inventée à la fin des années quatre-vingt en Europe du Nord, très pratiquée en Angleterre, Allemagne et dans quelques pays de l’Est (République Tchèque, Slovaquie, Autriche). Catégorie FAI provisoire, le F3F a attendu 2012 pour devenir une discipline officielle, même si jusque-là un championnat du monde “officieux” appelé Viking Race se tenait tous les 2 ans. Très récemment, quelques pays d’Asie (Hong Kong, Taïwan, Corée, Singapour) ont à leur tour rejoint cette discipline, la développant rapidement dans cette partie du globe avec par exemple la Typhon Race, une sorte de championnat asiatique, et surtout en trouvant des sites de vol extraordinaires. “Importé” en France en 1994, par deux Grenoblois, avec l’organisation du premier concours au Col du Glandon dans les Alpes, il existe dorénavant entre dix et quinze de concours de F3F en France par an, d’avril à octobre. Ils sont essentiellement situés dans le Sud/Sud Est, entre le Pays Basque, la région Toulousaine, la Côte d’Azur, les Alpes du Sud et la région Grenobloise. Avec des extrêmes comme la route des Crêtes dans les Vosges. Ces concours rassemblent, en moyenne, entre 15 et 30 pilotes à chaque fois et on peut compter une petite centaine de pratiquants en France. Coté performance, le record du monde actuel en 24.58 secondes a d’ailleurs été établi par un taïwanais chez lui en 2013. Depuis 1994, la France a rejoint progressivement le groupe des nations leader de la discipline et possède à ce jour le plus beaux palmarès mondial avec un titre de champion du monde et d’Europe par équipe, une médaille d’argent et un de bronze, toujours par équipe. En individuel, la France compte un titre de champion du monde junior, une titre de champion d’Europe, une médaille d’argent et de bronze. On n’oublie pas la victoire en viking race par équipe en 2008 et un podium intégral en équipe et en individuel à la Viking Race 2010. Rien que cela !

A la fois si simple et si compliqué …

f3f_04-1De nombreux aéromodélistes pensent, à tort, qu’il s’agit d’une discipline ennuyante et monotone: Le F3F c’est un véritable art consistant à extraire l’énergie du vent sur le relief pour la convertir en vitesse. Pour s’en convaincre, il suffit de voir un vol sur une falaise de 4 mètres de haut en bord de mer avec 25 m/s de vent (soit 90 km/h), ou personne n’imaginerait voler, et voir cependant des pilotes voler sur ces minuscules falaises et avoisiner des vitesses moyennes de 120 km/h avec 9 virages. Le F3F est une recherche perpétuelle d’un savant équilibre: avoir un planeur qui monte le plus haut possible dans les 30 secondes puis qui soit rapide pendant la course chronométrée, ce qui signifie avoir des trajectoires stables dans les lignes droites et des virages sans perte de vitesse. Plus encore, savoir anticiper un virage pour “tangenter” la base mais surtout sans “couper” le virage permet de gagner de précieuses secondes qui peuvent faire la différence. Et que dire de la montée d’adrénaline quand votre machine accélère sans cesse, signe du passage d’un thermique ou de la maîtrise parfaite de la trajectoire de vol et que vos virages, anticipés au maximum, déclenchent le “beep” tant convoité, parfois sur le chemin du retour. Le F3F c’est aussi le souci de mieux comprendre l’aérologie si particulière d’une pente, quel est son rendement, faut-il voler loin ou près de la crête, etc. sans oublier l’aérodynamique du planeur, l’optimisation des profils, trouver le meilleur réglage, utiliser les mixages radio pour élargir le domaine de vol. Certes avant d’arriver à ce niveau, il faut franchir une multitude d’étapes tout aussi intéressantes et addictives. Lorsque l’on débute dans la discipline, on commence par se battre contre soi-même. Il faut savoir voler quand son tour arrive, terminer la course, placer ses virages, dompter le planeur et le ramener entier de l’atterrissage. Puis, vient le concours à l’intérieur du concours où l’on se mesure aux autres pilotes de même niveau en faisant de son mieux pour être devant eux. Puis enfin, avec l’expérience, on se rapproche du podium et on se confronte avec les meilleurs. Chacun y trouve son compte. Le F3F, c’est aussi une convivialité et une ambiance particulière. Les nouveaux pratiquants sont toujours les bienvenus au sein de la communauté. La recherche de la performance n’empêche en aucun cas l’échange et le partage de notre passion, en l’absence de tout élitisme.

Quelle stratégie pour voler vite ?

Passons en revue quelques points importants en F3F.

Le ballast : celui-ci se décide un peu avant son vol en fonction des conditions météo. En général, on commence par un petit sondage auprès de copains : “Et toi tu as mis combien dans ton planeur ?”, puis on se renseigne sur la force du vent et, en fonction de la forme de la pente, on décide de mettre plus ou moins de poids en faisant bien attention de ne pas faire bouger le centre de gravité, au risque de changer le comportement en vol du planeur. Un planeur plus lourd permet de voler plus vite, mais aussi d’être plus stable et de mieux traverser les turbulences. La contrepartie est que ce ballast, il faut que le planeur le porte. Si les conditions sont trop faibles et que le planeur est trop chargé, alors il va perdre en efficacité, augmenter son rayon de virage, donner la sensation de voler sur des œufs. A contrario, si le planeur est sous-ballasté, il aura du mal à remonter le vent, se freinera dans les virages par manque d’inertie, se fera chahuter plus facilement par la moindre turbulence. Dès que le vent dé- passe les 11 ou 12 m/s il n’est pas rare d’embarquer 1 kg de ballast.

La prise d’altitude : celle-ci est déterminante car elle conditionne la vitesse d’entrée en course. Là aussi il faut s’adapter à la topologie de la pente et aux conditions de vent. Si dans certains cas mettre le planeur face au vent et creuser la courbure du profil (avec les volets) permet un bon gain en altitude, il est parfois préférable d’effectuer un “pompage”, c’est-à-dire faire des renversements de plus en plus hauts en prenant le soin lors de la restitution de mettre le planeur perpendiculaire au vent pour offrir le maximum de surface portante. Le timing est alors primordial, car 30 secondes passent vite et le pompage demande alors une bonne synchronisation pour se retrouver idéalement placé pour débuter la course. La trajectoire et le positionnement du planeur : chaque pente a sa particularité et celle-ci évolue avec la force du vent. En falaise, la portance est à la verticale de celle-ci par vent faible à modéré, et va s’avancer quand le vent se renforce. Il faut donc en permanence adapter son pilotage et intégrer ce paramètre. Sur des pentes plus grandes mais avec une crête moins marquée, la portance est moins étroite et l’on peut voler plus au large sans être pénalisé. Ce deuxième type de pente est moins technique et donc plus intéressant pour débuter

f3f_01-1Les différents styles de virage : le virage est la phase du vol qui permet de gagner le plus sur le chrono, surtout grâce à l’anticipation et la technique de virage utilisée. Il y a de multiples façons de tourner : virage sur la tranche, virage en retournement, virage en renversement, virage en demi-vie montant. Toutes les variations sont possibles et souvent les combinaisons de deux techniques sont possibles lors d’une course, par exemple quand le vent est légèrement de travers. Le bon virage est celui qui permet de rester le moins longtemps derrière la base, mais aussi celui qui freine le moins le planeur. Et c’est là toute la subtilité de l’exercice. Faire un virage court est facile à faire, mais au risque de perdre de l’énergie, donc de la vitesse. À l’opposé, un virage plus ample peut permettre, s’il est bien réalisé, de gagner de la vitesse, et donc de faire un meilleur chrono au final. C’est d’ailleurs cette technique de virage qui a été la plus développée ces dernières années, notamment par les Français. Elle a permis un bond spectaculaire de la performance moyenne et des records.

Mais le F3F, c’est bien plus encore !

f3f_03-1Outre le côté sportif, la catégorie F3F possède un particularité  qui fait l’unanimité au sein de ses pratiquants, c’est la variété et la beauté des sites de vol: Des collines verdoyantes du pays basque aux plateaux de l’arrière-pays niçois, des crêtes surplombant la forêt vosgienne aux pentes de hautes altitudes des Alpes, des petites falaises basaltiques d’Ardèche aux hautes falaises verticales du Sud Vercors, les sites de vol sont le plus souvent exceptionnels et offrent un paysage et panorama imprenable. Chaque site a sa propre identité, son caractère. Vous pouvez y aller deux jours de suite et connaître des conditions de vol très différentes. La pratique du F3F se fait chaque fois dans le plus stricte respect de la réglementation, de la nature, de la faune.  Il n’est pas rare de voler avec les vautours, aucunement gênés pas nos planeurs, ou d’apercevoir des bouquetins, ou chamois.  Bref, le F3F, c’est la discipline « nature » par excellence, permettant d’être au grand air, dans des sites superbes, d’en prendre plein les yeux et piloter des machines affûtées.

Pierre Rondel

Indiquez nous vos lieux de vol hors clubs

point-gpsVous avez participé à notre enquête sur vos pratiques aéromodélistes il y a quelques semaines. Les premiers résultats sont en cours de publication.

Pour compléter celle-ci, vous pouvez nous indiquer les coordonnées GPS de vos lieux de vol hors club.

Nous proposons donc de collecter ces données qui pourront être transmises à la DGAC, si elle en faisait la demande.

L’Association Finesse Plus garantit totalement la confidentialité de vos données personnelles. Les coordonnées transmises seront donc totalement anonymes, et vos références personnelles (noms, mails adresse IP…) jamais citées.

Notre objectif, est bien sûr, de montrer que l’activité aéromodéliste est multiple sur l’ensemble du territoire, vous le saviez déjà, nous aussi.

Nous apporterons ces pièces au dossier.

2 solutions : 

Pour trouver les coordonnées précises sur internet :

1/ Tapez Google Maps ou Géoportail dans votre navigateur internet

2/ Passez éventuellement en mode satellite

3/ Localisez votre lieu de vol : soit par le code postal soit visuellement en vous déplaçant avec le zoom et le curseur

4/ Cliquez sur l’endroit de vos évolutions, il apparaît en bas de page, les coordonnées GPS sous la forme decimale exemple : 45.607853N, 2.760308E et le lieu.

5/ Copiez les coordonnées et la ville et code postal

Si c’est trop complexe ou trop long, indiquez simplement le code postal et la ville

Vous pouvez utiliser le formulaire de notre page Participez ou nous contacter directement à : association@finesseplus.fr

Déclarez nous tous les endroits où vous évoluez, que ce soit, des champs, des pentes, des plans d’eau, des falaises…voire votre jardin.

Merci de votre soutien,

Le Bureau Finesse Plus